Femu a Corsica
Ghjovi u 3 di Dicembre 2015

TOURISME DURABLE ET TRANSPORTS : PRIORITÉS POLITIQUES ET PISTES D'ACTIONS CONCRÈTES


TOURISME DURABLE ET TRANSPORTS : PRIORITÉS POLITIQUES ET PISTES D'ACTIONS CONCRÈTES
RéPONSES DE FEMU A CORSICA AU QUESTIONNAIRE DE L'UMIH :

Monsieur le Président, Madame et Monsieur les Vice-Présidents,
 
« Comment construire un tourisme durable en Corse ? » 
Il semble d’emblée nécessaire de préciser, que, dans le droit fil de nos combats historique, nous avons toujours épousé l’idée d’une mise en développement durable de notre fonction touristique. Cette nécessité doit se manifester au travers d’un certain nombre d’indicateurs :
  • l’allongement de la saison,
  • l’étalement sur le territoire,
  • la préservation accrue de notre capital environnemental,
  • l’accroissement de la valeur ajoutée des établissements commerciaux,
  • la création d’emplois qualifiés, pérennes et à l’année,
  • la diminution des phénomènes résidentiels enfin.
Une fois rappelé ces objectifs fondateurs de notre vision touristique, le débat est bien évidemment de savoir « Comment ? ».
Vous évoquez d’abord le paracommercialisme. En effet, cette pratique concurrence déloyalement et de manière croissante le secteur de l’hébergement commercial sous l’effet de l’augmentation très importante des résidences secondaires (36 % du parc de logement en Corse) et de l’émergence de nouvelles formes de distribution issues de l’économie collaborative (Airbnb par exemple). Les mesures que nous préconisons doivent prendre en compte ces deux causes :
  • Sur le plan du foncier, nous rattachons notre approche à l’encadrement de l’acquisition foncière et immobilière, via le statut de résident pour limiter le gisement premier du paracommercialisme.
  • Sur le plan économique, il nous semble nécessaire de proposer un traitement distinct en fonction du bénéficiaire de la location : nous ne souhaitons pas pénaliser un résident corse qui complète marginalement ses revenus  pour lutter contre les difficultés -notamment d’accès au logement !- mais bien lutter contre une approche systématique et presque industrielle de l’économie dissimulée (via par exemple de fausses opérations de défiscalisation), il s’agira donc, de développer un ensemble de mesures :
  • La fiscalisation des résidences secondaires des non-résidents qui permettra, entre autres, de financer des programmes de logement social ;
  • La recherche volontariste et le contrôle des activités paracommerciales via une « police » touristique  qui aura pour vocation sur les territoires de contrôler, de sanctionner les abus et de s’autofinancer via les amendes collectées.
Vous évoquez ensuite, les transports. Les axes forts de notre politique s’articulent autour de trois priorités :
  • Expliciter clairement les objectifs de la politique de transport et l’intégrer dans une vision cohérente  du développement : quel service public pour les Corse ? Quelle desserte et quel mix maritime-aérien pour asseoir un tourisme effectivement durable ?
  • Eviter tout risque de monopole et assurer la continuité de la desserte
  • Internationaliser la desserte de la Corse suivant diverses modalités
Dans le domaine du maritime, nous nous sommes prononcés sans ambiguïté pour une Compagnie Corse destinée à prendre en compte les Intérêts Collectifs du Peuple corse. Nous sommes ainsi particulièrement attachés à éviter toute constitution de monopole ou de cartel dont notre île et son économie ont déjà tant souffert. Propriétaires de l'actif, nous pourrions ouvrir le capital de la société d'exploitation à des privés corses qui, regroupés ou individuels s’inscriraient dans le sens et les valeurs que nous souhaitons donner à la Corse. Il est évident que sur ce dossier où rien n’a été fait pendant cette mandature, tout est à reprendre et construire en particulier dans le cadre du renouvellement de la DSP où nous ne manquerons nécessairement pas d’intégrer la dimension économique, tant d’un point de vue du développement que du point de vue de la sécurisation des échanges pour que l’île ne soit plus jamais paralysée conduisant la Corse vers des crises profondes et une réelle perte de confiance des usagers notamment les touristes, qui incertains de leur séjour ont trop souvent annulé les réservations ou leur projet.
Dans le domaine de l’aérien, nous souhaitons faire coexister le service public assuré par Air Corsica, tout en renforçant son rôle de développeur international des flux touristiques, avec une intensification de la desserte concurrentielle, via de nouveaux opérateurs sur de nouvelles destinations. Le rôle de prospection et de levier de fréquentation de la Collectivité n’a jamais été utilisé dans sa pleine mesure.
S’agissant de l’Observatoire du Tourisme de la Corse, il devra tout d’abord s’intégrer dans une politique plus large d’observation économique et de recours à cette observation dans la définition des politiques publiques. Femu a Corsica systématisera les évaluations de politiques publiques en y associant les responsables des secteurs concernés. Ce sera le cas notamment pour la politique de transports  de la CTC et pour la politique touristique.
Pour parler spécifiquement de ce dernier domaine, les moyens actuellement affectés à l’observation touristique semble insuffisants (1 seule personne à temps plein) et en retrait par rapport à une politique d’observation nettement plus ambitieuse jusqu’en 2010. Plusieurs mesures sont à mettre en œuvre rapidement :
  • Renforcer l’équipe d’observation
  • Relancer et densifier les enquêtes lourdes aux frontières
  • Accorder une place spécifique aux phénomènes sociaux et formation, à l’économie informelle, à la consommation touristique via les réseaux sociaux
  • Appuyer les entreprises touristiques dans l’exploration détaillée de marchés émetteurs et sur les conditions commerciales d’accès à ces clientèles
                Enfin, sur l’occupation du domaine public maritime, sujet sensible s’il en est. L'allongement de la saison est une question centrale pour le tourisme corse. D'évidence, elle mérite d'être étudiée. Nécessitant une approche pluridimensionnelle, elle ne peut se limiter à un seul aspect.  
                À notre sens, des investigations doivent être menées à la fois dans le domaine économique et réglementaire voire politique. Nous pourrions nous y employer dans le cadre d'une mission spécifique confiée à l'ATC.
                Pour autant, et vous pouvez le comprendre, l'installation de structures commerciales sur le DPM doit être réglementée et ne peut faire l'objet, PADDUC oblige, d'autorisation à caractère permanent.
                Depuis longtemps, vous le savez, nous nous battons pour la reconnaissance de toutes les spécificités corses. C'est pour cela que nous revendiquons la compétence législative et un statut d'Autonomie dans le cadre européen, statut qui permettrait d'exercer une souveraineté partagée dans domaines essentiels de la vie de notre pays.
Certains que nous pourrons ensemble préserver les intérêts de votre profession et conduire la Corse vers un réel tourisme durable, je vous assure, Monsieur le Président, Madame et Monsieur les Vice-Président, de ma plus respectueuse considération. 
Femu a Corsica


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