Femu a Corsica
Venari u 26 di Sittembre 2014

MOTION SUR LA NECESSITE D’EMPECHER L’INTRODUCTION EN CORSE DE LA BACTERIE XYLELLA FASTIDIOSA.

Motion pour empêcher l'introduction en Corse de la Xylella Fastidiosa déposée par Femu a Corsica lors de la session du 25 septembre 2014. Cette motion a été acceptée à l'unanimité par l'Assemblée de Corse.


CONSIDERANT la présence avérée de la bactérie Xylella fastidiosa, 
depuis au moins octobre 2013, dans la région de Lecce (Puglie, Italie) sur une zone 
agricole de 8 000 ha,
 
CONSIDERANT que cette bactérie peut contaminer près de 200 espèces 
végétales cultivées ou sauvages présentes en Corse, dont la vigne, l’olivier, le 
chêne, les amandiers, les agrumes, certaines plantes fourragères, maraîchères, ou 
ornementales
 
CONSIDERANT qu’il n’y a aucun traitement autre que l’arrachage et le 
brûlage, accompagné de déversement d’insecticides pour tenter de tenir les insectes 
vecteurs « sous contrôle »,
 
CONSIDERANT que si cette bactérie touche la Corse, elle entrainera la 
disparition de pans entiers de notre agriculture, et un bouleversement de notre 
écosystème,
 
CONSIDERANT que selon le Ministère italien de l’agriculture la présence 
de la Xylella fastidiosa dans la région de LA PUGLIA a entraîné des pertes de 
53 millions d’€ en 2013,
 
CONSIDERANT l’alerte sur la bactérie émise par l’Autorité européenne 
de sécurité sanitaire des aliments (EFSA) en date du 26 novembre 2013, 
 
CONSIDERANT la décision d’exécution de la Commission européenne du 23 juillet 2014 concernant des mesures visant à empêcher l'introduction et la propagation dans l'Union de Xylella fastidiosa (2014/497/UE)CONSIDERANT que les pépinières de la région de Lecce n’ont pas été fermées, que l’exportation de végétaux potentiellement contaminés se poursuit, et ce, malgré le confinement des oliveraies contaminées et une zone « tampon » élargie de 30 000 ha, 

CONSIDERANT que le Passeport phytosanitaire européen, censé garantir l’absence de maladies ou de parasites sur les végétaux circulants en Europe n’a jamais suffit à protéger notre île, comme en témoignent la présence de Metcalfa pruinosa, d’Endothia parasitica, du Cynips du châtaignier, du Capricorne asiatique, du Charançon du palmier,
 
CONSIDERANT les dégâts économiques, écologiques et sanitaires engendrés par ces différents parasites ou maladies importés, 
 
CONSIDERANT que dans le cas du Cynips du châtaignier, c’est la Collectivité territoriale de Corse qui assume les conséquences financières de l’absence de mesures spécifiques en amont de la crise pourtant annoncée, 

CONSIDERANT que les expériences passées ont formellement démontré que les services de l’Etat, qui ont la compétence exclusive de protection des végétaux, l’ont exercé « a minima » et n’ont jamais protégé la Corse de l’arrivée successives de maladies ou parasites, 

CONSIDERANT la réponse dilatoire des services de l’Etat, qui estiment que la Corse est « protégée » de la Xylella fastidiosa au même titre que le continent français, et ne fait donc pas l’objet de la moindre mesure particulière, en dehors de 
contrôles aléatoires des plants et d’un « futur » plan de communication,
 
CONSIDERANT qu’à la lumière des situations dramatiques précédentes (notamment cynips et fièvre catarrhale), le Passeport européen est proprement insuffisant, contrairement aux déclarations des services de l’Etat tenues à 2 reprises, lors d’une réunion technique le 3 septembre 2014 et de la réunion du CROPSAV (Comité Régional d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale) du 19 septembre 2014, 
 
CONSIDERANT que les services de l’Etat n’ont pas su, lors de cette dernière réunion, donner le nombre des contrôles sanitaires effectués dans l’île, reflétant une fois de plus l’insuffisance manifeste des moyens mis en œuvre,

CONSIDERANT qu’au regard de l’urgence de la situation, des courriers ont été adressés par le Président de l’ODARC aux Ministres de l’Agriculture et de l’Environnement, 

CONSIDERANT la très vive inquiétude des producteurs de toutes les filières - oléiculture, viticulture, apiculture, agrumiculture, castanéiculture, etc,

CONSIDERANT qu’il existe des producteurs locaux de plants forestiers, agricoles, maraichers et ornementaux, dont la Pépinière de Castellucciu, 

CONSIDERANT la fragilité et la spécificité des écosystèmes insulaires, et la nécessité d’empêcher par tout moyen l’arrivée de la bactérie sur l’île, CONSIDERANT que l’insularité permet de facto de mettre en place une protection phytosanitaire renforcée,


L’ASSEMBLEE DE CORSE

ACTE la nécessité de suspendre l’entrée de plants végétaux en Corse 
tant que la bactérie Xylella fastidiosa ne sera pas éradiquée dans la zone contaminée du Sud de l’Italie,
 
DEMANDE aux Ministres de l’Agriculture et de l’Environnement de saisir la Commission européenne pour obtenir en urgence la dérogation nécessaire,

DEMANDE à titre conservatoire la mise en place de lieux de quarantaine pour le contrôle systématique des plants entrants et d’un port d’arrivée unique en attendant la dérogation de la Commission européenne,

DECIDE de renforcer au plus vite la filière de production de plants locaux pour satisfaire la demande insulaire,

DECIDE d’utiliser des plants produits localement pour tous les aménagements paysagers sur les chantiers relevant de la Collectivité territoriale ou cofinancés par elle,

DEMANDE au Conseil exécutif de saisir les autres îles de la Méditerranée pour un Plan commun d’action auprès de l’Europe, apte à prévenir les dangers de l’introduction de la bactérie Xylella fastidiosa et doter les iles d’un dispositif pérenne 
en la matière.

Femu a Corsica

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