Femu a Corsica
Luni u 20 di Maghju 2013

CUUFFICIALITÀ : A VITTORIA DI A LINGUA CORSA


CUUFFICIALITÀ : A VITTORIA DI A LINGUA CORSA

Jean Biancucci : « La Corse doit pouvoir défendre ses intérêts ».

Le vote du statut de coofficialité de la langue corse est une victoire politique pour les Nationalistes qui ont fait de la question de la langue le cœur de leur combat depuis plus de 40 ans. Corse Net Infos a demandé à l’un d’entre-eux, Jean Biancucci, conseiller territorial de Femu a Corsica, vieux routier du mouvement national et habitué des bancs de l’Assemblée de Corse, de livrer son sentiment et ses réflexions sur ce moment historique.


Jean Biancucci, élu territorial de Femu a Corsica
Jean Biancucci, élu territorial de Femu a Corsica
- Comment un élu comme vous, qui a tant d’années de militantisme politique, a-t-il vécu ce moment spécial ?
- Dans des moments comme celui-ci, je pense, surtout, à ceux qui ont payé de leur vie, à ceux qui se sont tellement investis dans leurs idées qu’ils ont usé leur vie, délaissé leur famille, subi des tas de problèmes, des années de prison... Je pense, aussi, à tous les militants associatifs qui se sont donnés, corps et âme, pour que cette revendication puisse, un jour, être prise en compte de la manière la plus politique qui soit.
 
- Auriez-vous pensé vivre un jour pareil ?
- Quand on se bat en politique depuis au moins 40 ans, qu'on a contre soi toute la classe politique, que l’on rencontre des difficultés en nombre, que l’on fait route avec des gens qui nous ont rejoint sans avoir forcément les mêmes idées, on est, à la fois, pessimiste et optimiste. Bien entendu, je suis très heureux, mais je mesure le chemin à parcourir.
 
- Beaucoup d’élus parlent de moment historique. Est-ce le cas ?
- Oui. Ce vote est l’aboutissement d’un travail, d’une volonté partagée et, aussi, de ce que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes au delà des idées politiques et des convictions personnelles. Il a fallu que chacun se transcende.
 
- Le manque d’unanimité ne vous a-t-il pas déçu ?
- Je pense que la diversité du vote est un signe de richesse et d’avenir. Il faut, en même temps, être lucide. J’espère que tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette démarche, continueront avec nous dans l’avenir.
 
- Que vous inspire le fait que ce statut est minimaliste par rapport à vos exigences initiales ?
- La proposition, qui est faite, peut, certes, aller beaucoup plus loin. On doit considérer que, non seulement, elle est un premier pas, mais qu’aussi, elle entraîne une espèce d’irréversibilité dans la mesure où elle est le produit d’une prise de conscience et d’une volonté de faire ensemble. Au delà des idées, des groupes politiques et des individus, l’élément fondamental à retenir est que chacun se reconnaît, peu ou prou, dans ce projet.
 
- Quel est votre souhait après ce vote ?
- Au delà du projet, nous voulons continuer dans ce sens et faire perdurer les choses de manière à aboutir véritablement à ce que le peuple corse attend. Nous voulons obtenir les moyens de vivre de notre langue, de notre terre et de préparer, ensemble, quelques soient les diversités, notre avenir. Bien entendu, je sais, très bien, que les choses ne sont pas réglées, malgré la volonté quasi-unanime de l’Assemblée de Corse.
 
- Que va-t-il se passer maintenant ?
- Beaucoup d’étapes restent à franchir. Ce vote va commencer à introduire un rapport de forces politiques à l’Assemblée de Corse et va, sans doute, avoir des suites avec l’Etat français, ici ou à Paris. La Corse doit pouvoir défendre, comme il faut, ses intérêts, que ce soit la langue, le statut de résident ou la fiscalité.
 
Propos recueillis par Nicole MARI

Source : http://www.corsenetinfos.fr/Jean-Biancucci-La-Corse-doit-pouvoir-defendre-ses-interets_a3323.html


E REAZZIONE DI L'ELETTI DI FEMU A CORSICA DOPU SSU MUMENTU STORICU

Gilles Simeoni


« J’éprouve beaucoup de joie et d’émotion avec la conscience d’avoir participé à un moment important, sans doute historique, et la satisfaction du devoir accompli. Je pense à toutes celles et ceux qui ont permis que ce moment se réalise et, bien sûr, aux générations de femmes et d’hommes qui ont œuvré pour que notre langue vive. Certains ne sont plus là. Je pense, aussi, avec émotion aux générations à-venir pour lesquelles nous nous battons et qui pourront connaître leur langue, vivre leur culture, savoir d’où ils viennent pour décider où ils veulent aller ».
 
Jean-Christophe Angelini

« C’est, bel et bien, un moment historique avec un phénomène relativement inattendu à bien des égards. Une très large majorité, qui dépasse de très loin les contours de la seule majorité territoriale, s’est prononcée en faveur du rapport. Il n y’a pas eu d’opposition frontale, pas d’hostilité, pas de vote contre. Ce qui va permettre de renvoyer, d’abord à la société corse, un signal d’avenir et d’apaisement et, ensuite, à Paris, un signal fort en espérant que le gouvernement et l’Etat sauront prendre l’exacte mesure et engager le processus de coofficialisation comme une très large majorité de la CTC leur a demandé ».

Saveriu Luciani

« Fieru quantunque, è st’emuzione di quelle chì vi piglia à l’assuffrettura. È po dinò l’impressione, infine, d’avè fattu qualcosa d’utule per stu paese. Quelli più vechji o puru quelli di i mo tempi a puderanu capì. Tempu finita a dichjarazione di Bucchini, sta sciaccamanata generale ch’ùn vulia più compie, cù st’imbuleghju di pressione, di sullevu è di stanchezza. Iè, sta sciaccamanata, à ...tempu sincera è bramosa, chì vi face scurdà di e
gattive chigne d’unipochi d’eletti chì « anu capitu tuttu » è chì fughjenu à a zitta à a muta.

È guardendu ingiru à mè sta reazzione strasurdinaria, aghju pensatu à i nostri morti, ma prima à i mei, quelli chì venianu da i seculi è chì parlavanu un Corsu ch’ùn parleremu mapiù. Dopu, aghju pensatu à quelli chì si sò battuti st’ultimi cinquant’anni, pulitichi è culturali, militanti, maestri di scola ; eranu tanti cù i so sacrifizii. Femu a Corsica hà vutatu per elli, dinò. Poi mi sò venuti à l’ochji i vivi, i nostri vechji chì ci accumpagnanu cù e so parolle di mill’anni, chì puru capiscenu megliu avà e voglie santissime di i so figlioli : « parlà è salvà sta lingua ».
Chì per elli, da sempre, era stata quella di u so campà, ancu quand’elli vi spiegavanu ch’ella ùn era micca « una lingua ». L’ultime seconde, sò state per i mo figlioli, per tutti i nostri figlioli è e leve future di sta terra. À elli st’attu di fede, ch’elli ci veghinu u sensu storicu di ciò ch’è no femu : stu votu per dalli a forza di fà cum’è noi, è ancu di più. È po cuntinuà, sempre sempre, senza piantà è mai rifiatà.
Allora avà chì a strada hè aperta, pocu impreme Parigi è i so ghjudici è Parigi cù e so lege. I corsi anu sceltu : « iè, una strada ci hè ! ». A cunclusione di a mo intervenzione in u dibbattitu, citava un’amicu, un gran’pueta alisgianincu : « a fola nasce, a mete si tene, a mo lingua hè a pace è l’avvene » Cusi sia ! ».

Mattea Lacave

« Je suis très contente et émue, parce que nous avons vécu un moment historique. Cela fait des années que nous autres, Nationalistes, nous nous battons pour l’officialisation de la langue corse. Ce vote prouve que nous ne nous sommes pas trompés. Je voulais, aussi, rendre un hommage à tous ceux qui, ce soir, ont fait un pas en avant, qui n’étaient pas forcément au départ sur cette position de coofficialité, mais qui ont su comprendre. Ils ont, comme nous, un amour immodéré de notre langue. Ils ont conscience que la survie de la langue est un besoin de notre société. Ils ont su en faire une revendication légitime. Je veux, enfin, rendre hommage à Pierre Ghionga qui a su faire preuve de courage politique avec ce rapport et à Marie-Antoinette Santoni-Brunelli qui ne s’est pas alignée sur la position de son groupe et, de manière courageuse, a participé à ce vote historique. En tant qu’enseignante bilingue, ce vote est la concrétisation d’un travail, à la fois, professionnel et politique. C’est un grand espoir pour la Corse, pour notre peuple, pour les générations futures pour construire une société apaisée sur un chemin d’épanouissement personnel et collectif ».

Fabiana Giovannini

« Un emuzione tremenda. Tamantu travagliu, noi, quelli nanza a noi, i ghjôvani oghje chi ci fièghjanu. Veramente un piacè tremendu d’avè avutu l’immensu onore d’avè partecipatu à ssu votu storicu. Un messagiu pusitivu à u nostru populu, à Parigi, à l’Auropa ! L’émotion a envahi tous les bancs de l’Assemblée, y compris les élus qui n’avaient pas participé au vote. Nous avons écrit l’histoire ».
 
Michel Castellani

« J’ai ressenti une énorme émotion. Au moment où le vote est tombé, j’ai pensé, d’un coup, à tous ces gens qui ont fait tellement de sacrifices pour notre langue, à tous les poètes, les culturels… tout simplement à tous les Corses qui l’ont parlé, y compris mes parents qui n’ont communiqué avec moi qu’en langue corse. J’avais, aussi, une émotion en pensant à tous les combats que nous avons déjà menés. Je me souviens, il y a 30 ans, de ce vote où nous avions déjà arraché un premier pas sur l’enseignement du corse. Cette fois-ci, le pas est décisif. J’espère que Paris tiendra compte et prendra acte de cette décision démocratique d’une Assemblée de Corse élue ».
 
Femu a Corsica

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