L'Agriculture

Promouvoir une agriculture performante

Dumenica 22 Ghjenaghju 2012

L’évolution économique mondiale, l’augmentation du coût des carburants et la nécessité d’une préservation environnementale rendront indispensables, dans les décennies à venir, les productions au plus proche des consommateurs.

L’activité agricole a façonné au cours des siècles les paysages, l’identité et l’image de la Corse : ce secteur ne produit plus aujourd’hui que 3 % des richesses insulaires ; pourtant doté de vraies potentialités, il est à l’agonie :

- Des outils de production souvent obsolètes nécessitant une modernisation et d’importantes mises aux normes ;
- Des partenaires financiers absents et des dettes (sociale et bancaire) pénalisant le développement des exploitations ;
- Une baisse historique des actifs, du nombre d’exploitations (perte d’environ 120 exploitations annuellement pour 25 installations), du volume des productions et de la valeur ajoutée ;
- Le poids excessif des activités improductives.

Une stratégie de développement durable et identitaire ne peut s’accommoder de ce risque de disparition et doit impulser la transition vers une agriculture compétitive, dans sa spécialisation comme dans ses marchés de proximité.

Les actions à entreprendre

Une politique agricole qui définit des espaces adéquats, oriente l’activité vers des productions compétitives et facilite les installations.

L’organisation de l’espace agricole

- Déterminer prioritairement les zones agricoles dans le PADDUC selon leur potentiel défini par la profession ;
- Intégrer la définition d’espaces agricole préservés dans la problématique plus générale d’organisation et de défense du foncier en impulsant la mise en
place de PAEN (périmètre d’aménagement des espaces naturels) ;
- Promouvoir le concept d’une agriculture paysanne, diversifiée et créatrice de richesses environnementales, culturelles et identitaires, levier privilégié du développement économique et rural ;
- Mobiliser des partenaires financiers pour accompagner, voire garantir le développement agricole ;
- Modifier les statuts, les missions et le fonctionnement de l’ODARC et de la SAFER.

L’orientation vers des productions compétitives

- Adapter le fonctionnement de la continuité territoriale pour diminuer le coût des intrants pour les exploitants et faciliter les opérations d’exportation ;
- Aider au financement de la remise à niveau des outils de production, accompagner les détenteurs de savoir-faire à viabiliser leur exploitation en révisant le guide des aides et en fixant des orientations prioritaires en terme d’activités agricoles territoriales ;
- Impulser l’accroissement de la production et sa commercialisation en répondant à l’approvisionnement du marché intérieur et en déterminant des priorités d’accompagnement financières, avant d’aider à la conquête de circuits extérieurs et à l’importation de matières premières ;
- Revoir le fonctionnement et les attributions de la continuité territoriale. L'orienter de manière à donner toutes ses chances à une economie de productions matérielles.

L’agriculture doit être totalement repensée, en concertation avec la profession.
Il faut permettre l’émergence d’une production agricole performante sur les marchés locaux et étrangers. Des exemples réussis nous enseignent la voie d’activités rentables et profitables pour le développement local.

Une politique d’installations pérennes

- Favoriser et augmenter l’installation des jeunes par des mesures incitatives en garantissant un revenu décent, l’accès au foncier et un niveau de production minimum ;
- Se doter d’outils de formation pilotes et valoriser les orientations vers les métiers agricoles et forestiers ;
- Utiliser les pouvoirs d’adaptation législative de l’Assemblée de Corse pour créer un statut social et fiscal adapté à la diversification des activités de l’agriculteur paysan sur son territoire rural.

Le phasage

- Actions prioritaires : redistribution des compétences, réadministration des services et des structures, définition des orientations stratégiques et prioritaires, renégociation et recherche de partenaires financiers.
- Revisiter les attributions et le fonctionnement de la continuité territoriale ; ne plus subventionner les produits concurrents des productions existantes ou à venir.
- Mettre en place les outils de gestion foncière concomitamment à l’élaboration du PADDUC.

Les effets attendus

- Rationalisation et diminution des coûts de fonctionnement des structures et redistribution des financements sur l’activité directe ;
- Gain d’efficience et de qualité en matière de politique agricole publique ;
- Augmentation du nombre de formés et du niveau de qualification ;
- Ralentissement de l’hémorragie humaine par un accroissement régulier des installations et du nombre d’exploitations en volume et en valeur ajoutée ;
- Augmentation du revenu net annuel par exploitant freinant la reconversion de professionnels détenteurs d’une grande technicité vers d’autres secteurs d’activité plus émunérateurs ;
- Développement de la production et évolution progressive vers une souveraineté alimentaire ;
- Fixation sur les territoires ruraux d’activités productrices et génératrices de revenus et d’emplois ;
- Harmonisation de l’aménagement du territoire par un rééquilibrage des différentes zone rurales de Corse ;
- Retrouver une situation financière saine et un accompagnement sérieux des projets agricoles.

Mode d'évaluation

Le déroulement du plan d’actions de la politique agricole présenté sera encadré par des outils de suivi et de contrôle (indicateurs trimestriels de situation, d’objectifs prévisionnels annuels, de bilan annuels qualitatifs et quantitatifs), par un comité de suivi, d’évaluation et de régulation composé des acteurs du secteur, des financeurs, des institutionnels et d’élus et se conclura par un bilan de mandature. Pour les actions proposées, ces 4 années de mandature
correspondraient à l’amplitude nécessaire pour rendre visible la politique du changement et pour induire un infléchissement de la situation économique, environnementale et sociale du secteur.

Femu A Corsica